Michel PORTAL, parrain du festival " Les Chaises Musicales "

Michel PORTAL © Th.Cohen
Michel PORTAL © Th.Cohen

Compositeur né en 1935, Michel Portal est également clarinettiste, saxophoniste et bandonéoniste. Singulier, inclassable, musicien avant tout mais échappant à toutes les déterminations, Michel Portal est une extraordinaire personnalité, aussi remarquable dans le répertoire classique (Mozart, Brahms, Schumann, Berg) que dans la création contemporaine dont il est un partenaire privilégié (Boulez, Stockhausen, Berio, Kagel, Globokar...).

 

À l’origine du mouvement “Free” en France avec le trompettiste Bernard Vitet, le pianiste François Tusques et le Batteur Sunny Murray, il est un des membres fondateurs du “New Phonic Art”, axé sur l’improvisation collective, la recherche sonore et la création instantanée. Ce faisant, il n’a jamais cessé de pratiquer depuis l’enfance, les airs de danse, la variété (Benny Bennett, Perez Prado), la musique populaire du Pays Basque d’où il est originaire et le jazz, son terrain d’élection.

 

À partir de 1971, il fonde une structure ouverte, le “Michel Portal Unit”, lieu d’échange et de rencontre entre musiciens européens et américains sur le mode de l’improvisation libre. Depuis 1975 il a composé de nombreuses musiques de films pour le cinéma et la télévision ; il a d’ailleurs obtenu trois Césars et un Sept d’Or.

 

“Dans le jazz européen, Michel Portal occupe une place dérangeante. Qu’il se présente en duo (avec Bernard Lubat ou Martial Solal), en invité de groupes constitués (“Humair-Jeanneau-Texier”, “Kühn-Humair- Jenny Clark”), en associé provisoire ( Jack Dejohnette, Dave Liebman, Howard Johnson, John Surman, Mino Cinelu...), qu’il intervienne en milieu préparé ou de façon très spontanée, Michel Portal se pose à la fois en activiste et en empêcheur de tourner en rond. Une ombrageuse conception de la liberté, moins une réflexion qu’une forme de sensibilité vive, le pousse à casser les formules, les clichés, pour le surgissement de la musique.

 

Cette attitude n’est possible qu’au prix d’une incessante remise en cause : sa réputation de soliste classique et son expérience dans la musique contemporaine, il ne les utilise pas comme un capital rentable, mais au contraire comme une source de dépenses actives. Ce qui lui permet de se placer sans confort dans une position de “non-savoir” et de déplacement permanent d’où puissent jaillir l’émotion, le lien communautaire entre musiciens et une forme d’éclat brut de l’acte musical.”

 

Francis Marmande

Extraits du Dictionnaire du Jazz et de Jazz, Les Incontournables